10 ans plus tard.
L’Académie Cross est un établissement secondaire de grande
renommé. Il était composé de trois bâtiments. Le principal était
l’Académie elle-même, regroupant les salles de classes et le
bureau du directeur. Le second était le Pavillon du Soleil, il
contenant les dortoirs de la Classe de Jour. Le troisième, et
dernier, était le Pavillon de la Lune, les élèves de ce dernier se
partageaient les dortoirs de la Classe de Nuit. Les élèves de
chaque pavillon se partageaient l’Académie pour les cours, la
nuit et le jour. Et lorsque survient l’heure du changement de
classe, il y a toujours quelque minutes de panique car, si la
Classe de Jour est principalement composée de filles, celle de la
Nuit regroupe une majorité de garçons qui sont tous absolument
canons ! Les demoiselles de la Classe de Jour dont alors tout
leur possible pour les voir, leur parler, ou même les prendre en
photo. Yûki, la chargée de Discipline, faisait chaque fois tous les
efforts possibles pour que les filles regagnent leurs dortoirs
avant que la classe de Nuit ne sorte de son
pavillon.
Ce soir-là, comme d’habitude, les élèves de la Classe de Jour
se regroupaient devant les portes du Pavillon de la Lune. Yûki
s’interposa entre le troupeau des filles au bord de
l’hystérie et les portes.
- Ca suffit ! Reculez s’il vous plaît ! Les cours
de la classe de Jour sont terminés, c’est l’heure du
couvre-feu, veuillez regagner votre
Pavillon !
- C’est pas juste, s’exclama une fille, tu dis ça
uniquement pour te débarrasser de nous et avoir les garçons de la
Classe de Nuit pour toi toute seule !
- Tout ça parce que t’es la fille du Directeur ! Belle
mentalité ! râla une autre.
- Qu’est-ce que vous racontez ?! s’écria
l’adolescente en montrant le brassard blanc à son bras
représentant l’emblème de l’académie, en tant que
chargée de Discipline…
Elle n’eut pas le temps de continuer, les filles la
supplièrent de les laisser passer. Elle les repoussa comme elle
put… et entendit les portes s’ouvrir dans son dos.
Encore une fois, ils la prenaient de cours. Toutes les filles se
placèrent en deux rangées nettes pour avoir le privilège de voir
passer chacun des beaux gosses de la Classe de Nuit. Yûki eut un
soupir résigné et se décala pour laisser passer les jeunes
gens :
- Allez-y… marmonna-t-elle.
Les filles eurent alors des exclamations ravies en regardant les
garçons, les yeux pétillants de joie, et les étudiants sous toutes
les coutures.
- Salut les fiiiiiilles, fit l’un d’eux en passant
devant elles avec un sourire à faire fondre n’importe qui,
merci pour vos compliments, ils me vont droit au
cœur.
L’adolescente soupira, l’air blasé alors que ses
compagnes hélaient ceux de la Classe de Nuit avec un enthousiasme
débordant. Le jeune homme salua joyeusement les filles en agitant
la main. Blond, avec les cheveux savamment décoiffé, il
s’appelait Aidô. Derrière lui venait un autre, les cheveux
blond également, mais plus foncé. Beaucoup plus calme
qu’Aidô, il souffla entre ses dents :
- Calme-toi.
- C’est bon, Kain, profites en un peu, protesta
l’étudiant toujours aussi joyeux sans cesser d’agiter
la main.
Des « Je t’aime », « t’es trop
beau » fusaient partout autour de la Classe de Nuit. Les
filles devenaient de plus en plus intenables et bousculèrent Yûki
qui tomba par terre.
- Yûki ? fit une voix légèrement amusée, ça va tu n’as
rien de cassé ?
Elle redressa la tête pour voir un jeune homme aux cheveux noirs se
pencher vers elle en tendant la main.

Yûki le regarda quelques instant sans un mot, songeant que son
souvenir le plus lointain remontait à 10 ans en arrière, lors de
cette nuit enneigée où elle avait rencontré Kaname qui lui avait
sauvé la vie.
- Euh, oui ça va, bredouilla-t-elle, je te
remercie.
Elle se sentait toujours un peu intimidé face à
lui.
- Merci à toi, pour tout ce que tu fais,
sourit-il.
- Mais de rien, répondit-elle avant de réaliser que la plupart des
filles la foudroyaient du regard. Elle se redressa vivement. Je ne
fais que mon devoir de chargée de
Discipline !
- Pourquoi ce ton emprunté ? Ca me vexe, on est ami,
non ?
- Euuuh oui, répondit l’adolescente en sentant les regards de
ses compagnes peser lourdement sur son dos, mais tu m’as
sauvée la vie, et à ce titre je te dois le respect… Il
n’y a rien d’anormal à cela.
Kaname franchit les quelques pas qui les séparait et lui caressait
les cheveux :
- C’est vrai, mais c’est du passé maintenant,
n’en parlons plus.
Il laissa sa main glisser sur la joue de Yûki, qui espéra ne pas
être en train de rougir. Mais une autre main fusa dans son champ de
vision, intercepta le poignet de Kaname et le força à
reculer.
- Zero ? fit-elle surprise en découvrant son ami, également
chargé de Discipline.
- Les cours de la Classe de Nuit vont commencer mon cher Kaname,
déclara-t-il froidement, ne te met pas en
retard !
Le jeune homme aux cheveux noirs dégagea son poignet de
l’étreinte de Zero Kiryû :
- A tes ordres, Monsieur le chargé de Discipline, fit-il moqueur en
s’éloignant pour rejoindre les autres étudiants qui
l’attendaient.
Deux filles de la Classe de Jour se précipitèrent vers lui pour lui
donner des fleurs, il les remercia gentiment. Yûki
l’observait, comme toujours dès qu’elle en avait
l’occasion.
- Qu’est-ce que vous attendez pour regagner votre
Pavillon ! cria Zero à un groupe de filles.
Elles déguerpirent aussitôt, Zero s’énervait rapidement et
les effrayaient, elles savaient qu’il valait mieux éviter de
le contrarier.
- Et ça piaille, ça s’agite dans tous les sens, elles me
tapent sur les n…
Un léger coup de poing dans le creux de ses reins
l’interrompit, tandis que l’adolescente
s’écriait :
- Descend de tes grands chevaux ! T’étais où pendant la
bataille ? Quand on a le culot d’arriver en retard on
fait profil bas !
En retour il lui
donna un coup sur le sommet du crâne en rétorquant sur le même
ton :
- Tu peux parler toi ! Madame est laxiste quand ça
l’arrange ! Tu crois que j’ai pas compris ton
petit manège ?
Yûki se figea en plein mouvement de défense tandis que Zero
baissait le bras :
- Que tu sois amoureuse de lui est une chose, et après tout ça ne
me regarde pas. Mais tu sais où se trouve la limite à ne pas
franchir !
L’adolescente baissa la tête, un peu
peinée :
- ça va merci, je sais très bien à quoi m’en
tenir.
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